Déficience visuelle et transports publics

DÉFICIENCE VISUELLE ET TRANSPORTS PUBLICS 

EN PRÉAMBULE

En France, on compte environ 70.000 personnes aveugles et 1.500.000 personnes malvoyantes. Savez-vous qu’environ 90 % d’entre elles ont des « restes visuels » (lumières, ombres, formes…) ? Selon ce qu’il leur reste de vision, elles auront besoin d’aide pour s’orienter dans des lieux non familiers ou moins éclairés, pour détecter des dangers potentiels, repérer des escaliers (surtout à la descente !)…

Le besoin d’utilisation d’une canne blanche varie d’une personne à l’autre. Pour certains, il peut s’agir d’une façon toute simple d’être identifiés (vous connaissez tous la canne blanche : mais connaissez-vous la canne jaune pour les malvoyants ?), pour d’autres, la canne sert lors de tous leurs déplacements. On dira de cette canne qu’il s’agit d’une « canne de locomotion ». D’autres encore, moins nombreux, ont fait le choix d’un chien guide.

Important : la loi autorise les chiens guides à circuler dans l’ensemble des transports en commun.

DÉPLACEMENT EN AUTONOMIE

Les personnes Déficientes Visuelles se déplacent en autonomie dans les lieux qui leur sont familiers (leur quartier, les transports en commun qu’elles utilisent régulièrement).

On peut proposer son aide, mais ne jamais l’imposer. Privilégier la parole au geste. Les déficients visuels ont plus souvent besoin d’indications et de repères que de guidage physique. Pour signaler un danger, le mot « attention » n’est pas suffisant. Il faut en préciser l’origine par exemple : « Attention ! Il y a une moto en travers du trottoir !»

LE BUS

Avant l’arrivée du bus (arriver et attendre le bus)

  • Première difficulté : trouver l’arrêt.

Les déficients visuels  préparent leur itinéraire avant leur déplacement. Dans la réalité, l’arrêt est difficile à localiser. Parfois ils se prennent à rêver d’une ville où tous les arrêts de bus seraient équipés de balises sonores à message parlé, déclenchées à distance par une télécommande…

  • Deuxième difficulté : avoir accès aux horaires de passage.

Les déficients visuels  n’ont pas accès aux panneaux d’affichage des horaires, ni aux bornes d’information voyageurs.

  • Il est d’usage de se positionner debout, sous l’abribus, près du panneau publicitaire, afin d’être vu par le conducteur.

Le bus arrive

  • Les déficients visuels n’entendent pas toujours arriver le bus en raison de la position du moteur à l’arrière du véhicule.
  • Nouvelle difficulté : aux arrêts communs à plusieurs lignes, les déficients visuels ne peuvent pas identifier le bus qu’ils veulent emprunter. Ils ont donc besoin d’indications sonores. Ce dispositif sonore  existe et  en cours de développement  dans les bus uniquement.
  • La plupart des conducteurs respectent les consignes : stopper près du trottoir, l’avant du véhicule au niveau de l’abribus.
  • Difficulté : L’arrivée simultanée de plusieurs bus au même arrêt complique la tâche. Il faut se déplacer pour trouver l’accès au bon bus. Le bruit de l’ouverture des portes permet de repérer l’entrée.
  •  Conseils aux chauffeurs : annoncer le numéro du bus et la direction. Puis attendre que la personne déficiente visuelle soit stabilisée et en sécurité dans le bus. Il faut savoir que le déplacement dans le bus n’est pas aisé, et la raréfaction des barres longitudinales ne leur facilite pas la tâche.

Les déficients visuels  ne mesurent pas l’affluence et ne peuvent pas identifier les places  disponibles. La recherche de ces places peut entraîner des situations gênantes. Pour être certains de localiser la sortie, ils restent le plus souvent debout, à proximité des portes.

  • Le compostage de la carte d’abonnement n’est pas toujours simple. En fonction du modèle de bus, les composteurs ne sont pas tous au même endroit.

 Pendant le trajet 

  • Pour prendre connaissance de l’arrêt où ils doivent descendre, les déficients visuels  sont dépendants des annonces sonores : si elles sont défaillantes, le chauffeur devra avoir le souci de le signaler aux passagers, ainsi qu’au Service technique qui assure la maintenance du véhicule.

La descente du bus

Conseils aux conducteurs : stopper le bus près du trottoir, de manière à ce que les issues soient libres. Pas d’obstacles, pas de motos et autres engins stationnés, pas de travaux,  pas de potelets …

LE TRAMWAY

  • Première difficulté : trouver la station.
  • De nombreuses villes  possèdent un repérage sonore à distance via une télécommande qui permet avant tout de situer la station  puis connaître le numéro du tram et sa destination, ce qui n’est pas encore le cas sur le réseau lyonnais.
  • Deuxième difficulté : savoir où se placer sur le quai. Difficile de repérer l’emplacement des portes. Pas de repérage tactile au sol.
  • Troisième difficulté : à l’arrivée du tram, les portes ne s’ouvrent pas automatiquement: or l’ouverture des portes est le seul repère sonore par le bruit qu’elles produisent.
  • Si les portes restent fermées, il faut :
  1. Trouver la porte
  2. Tâtonner pour trouver le bouton d’ouverture.
  •  Conseils aux traminots : être attentifs aux personnes aveugles, prendre le temps de vérifier qu’elles ont pu entrer et être en sécurité.

Redoubler de vigilance le soir, car les voyageurs étant moins nombreux, une aide potentielle est plus rare !

  • Comme pour le bus, les déficients visuels  éprouvent les mêmes difficultés de se mouvoir et de localiser l’intérieur des voitures.
  • Conseils aux traminots : concernant les  piétons non-voyants, il faut savoir que l’absence de trottoir bordant les voies de tram présente un grand danger car ils peuvent se retrouver sur la voie des voitures sans en avoir conscience.  Il faut donc redoubler de vigilance.

LE MÉTRO

  • Première difficulté : repérer l’entrée de la station et la bonne direction. Les déficients visuels  rêvent d’une ville où toutes les entrées des stations de métro seraient équipées de balises sonores à message parlé, déclenchées à distance par la télécommande universelle, qui annonceraient le nom de la station, la ligne, sa direction…
  • Deuxième difficulté : repérer le portillon d’accès au quai.
  • Troisième difficulté : quand le métro s’arrête, le déficient visuel  cherche l’ouverture, mais, « Attention, danger ! » : il ne faut pas confondre une porte ouverte avec l’espace entre les deux voitures ! (exception, la ligne D où l’espace est sécurisé).
  • Pour pénétrer dans le métro, le déficient visuel  ne peut pas évaluer l’affluence. Il ne voit pas les passagers descendre, et tente de suivre le flux de ceux qui montent.
  • En règle générale, quand il le peut, le déficient visuel reste debout, près de la sortie, cramponné à une barre verticale. Il faut savoir que le déplacement à l’intérieur du métro  est quasiment impossible pour lui à cause de l’absence de barres de maintien longitudinales.
  • À la descente, la pression des voyageurs qui veulent monter est déstabilisante.
  • Sur le quai, un conseil : si vous proposez votre aide, pensez à proposer le choix entre l’escalier, l’escalator et l’ascenseur
  • Autre difficulté majeure : La fermeture de la moitié des accès aux stations, après 21 heures, déstabilise totalement le déficient visuel. D’une part, il ne retrouve plus ses repères habituels d’accès ; et d’autre part, il risque de se trouver prisonnier entre le portillon et le rideau de fer. Le soir, une plus faible affluence raréfie l’aide et entraîne des situations périlleuses.

LES AGENCES TCL

  • Première difficulté : repérer l’entrée.

Les déficients visuels rêvent d’une ville où toutes les boutiques et les services seraient identifiables par une balise sonore.

  • Deuxième difficulté : la file d’attente.

Les déficients visuels veulent bien attendre leur tour, prendre un ticket d’ordre… mais ils ne peuvent pas lire le tableau d’affichage. Ils peuvent néanmoins réclamer leur droit de priorité pour accéder au guichet.